Lundi 7 juillet 2008
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Individualisme,
communication & GSM
L'individualisme est le mode de vie dominant, aujourd’hui. L'individu, ses droits, son épanouissement, son bonheur sont au centre de
toute vie sociale. Lorsque l'égocentrisme est vécu subjectivement comme un repli sur soi, le besoin de communication se fait sentir avec une force renouvelée.
Les réseaux de
communication permettent de relier ceux qui se vivent comme « séparés ». Ceci m’amène à soulever le cas du téléphone. Cet outil de communication
devenu indispensable depuis son apparition à la fin du XIXème siècle, a connu et connaît une expansion incroyable et constitue une réponse à
l'éloignement social, voire familial.
Je tiens à
m’arrêter surtout sur l’emploi personnel du GSM, chez nous, au Maroc. Qui de nous ne possède pas un téléphone portable ? Ou plutôt, devrait-on dire, qui ne possède pas au moins deux ?
Ou bien, même si nous n’avons qu’un, combien de puces possédons-nous ?... C’est fou ce que notre mode de vie a changé, à cause ou/et grâce au téléphone portable ! Ce simple appareil de
communication s’impose comme un facteur favorisant l’isolement social, même si en apparence, il agit dans le sens inverse.
En effet, dans
une famille, par exemple, on peut trouver six à sept téléphones mobiles, sans pour autant sentir qu’il y a un climat réel de communication, chaque membre s’enfermant dans une bulle
d’individualisme increvable. Autre exemple : Lors des examens scolaires, les apprentis, de tous âges, font du GSM, malgré l’interdiction de son usage en de telles circonstances, un moyen de
tricher : envoi ou réception des réponses, mémorisation dans une carte mémoire des cours, etc.… Enfin, troisième exemple choisi, Les trahisons conjugales aussi passent par ce canal
communicatif. Ce n’est pas une exagération, ni de la fiction, et si ce n’est par respect des règles de la bienséance, je citerai des cas nombreux de personnes que je connais qui, en catimini,
suivent cette voie.
Pour moi, j’ai
fait l’expérience amère des inconvénients du téléphone mobile. Avant la propagande de ce dernier, mes amis, mes collègues et moi, on se réunissait, on se rendait visite, on se voyait quasiment
chaque jour. Je recevais même beaucoup de lettres et j’envoyais aussi, malgré la présence du téléphone fixe. Bref, il y avait un contact direct, une réelle ambiance de fraternité et d’amitié. Dix
ans ont passé et tout a changé. On se limite à s’envoyer un SMS, de temps en temps, pour demander des nouvelles de l’autre, c’est tout. Plus de visite rendue, plus de missive, plus d’intérêt
porté à autrui. Il m’est arrivé une fois de garder le lit une bonne quinzaine de jours et je n’ai reçu aucun appel, ni simple message, de mes collègues et de mes « amis » qui, ils me le
diront plus tard, croyaient que j’étais au boulot et que c’est à cause de moi parce que je sortais peu de ma classe… Certains m’ont même écoeuré en me rendant responsable du fait qu’ils me
bipaient (une seule fois…) et que c’était pour me faire savoir que je devais, moi, l’alité, les appeler et les rassurer sur mon état.
Je n’hésiterai
guère à l’avouer : j’ai perdu beaucoup de ceux que je considérais comme « amis », à cause, indirectement, du téléphone mobile. Je reçois, bien sûr, leurs appels ou SMS encore, de
temps en temps, quand ils ont besoin de mon aide ou d’une intervention à laquelle je peux contribuer. Entre nous, je ne donne plus de suite et je ne perds plus mon temps avec ces pseudos
amis.
Dans les
moments pénibles, on apprend beaucoup, croyez-moi. L’individualisme est une chose que je désapprouve mais c’est parfois, pas la meilleure solution, mais une solution. C’est un mode de vie qui m’a
été imposé. A présent, je suis replié sur moi-même et je laisse venir.
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